Le cerisier : conseils de plantation, de culture et de taille
Prunus avium
Cerisier (Prunus avium) : pourquoi il pleure de la gomme, la taille après récolte plutôt qu’en hiver, le calcaire et le gel de printemps.

Ici, le cerisier n’est presque jamais un arbre de verger. C’est l’arbre d’un coin de jardin, planté par les grands-parents pour quinze jours de récolte en mai et gardé ensuite pour son ombre. On en trouve de très beaux sujets dans l’arrière-pays, sur les terrasses fraîches des vallées, là où l’hiver descend assez bas. Plus près du littoral il pousse volontiers, souvent trop vite, et donne des récoltes irrégulières d’une année sur l’autre.
Le reconnaître
L’écorce est la signature : brun rouge, lisse et brillante sur les jeunes troncs, barrée de lignes horizontales claires, elle se détache en fines lanières transversales sur les sujets plus âgés. La feuille est ovale, dentée, molle, un peu pendante, et porte à la base du limbe deux petites glandes rouges qu’on sent sous le doigt. La floraison blanche arrive en bouquets courant avril, en même temps que les premières feuilles.
Le merisier des collines et le cerisier greffé du jardin sont la même espèce. Le premier donne des fruits petits et amers, le second des fruits gros, mais leur bois, leurs blessures et leurs travers sont identiques.
Le planter
Il veut de la profondeur et du drainage. Un sol lourd qui garde l’eau en hiver lui est fatal à moyen terme, et le calcaire trop actif de certains coteaux le fait jaunir entre les nervures, signe classique de chlorose. C’est le porte-greffe qui décide : le Sainte-Lucie tolère bien nos terrains secs et calcaires et limite la vigueur, alors qu’un sujet greffé sur franc file à douze ou quinze mètres et devient vite un arbre d’élagueur plutôt qu’un arbre de cueillette.
Deux points à régler avant de creuser. D’abord la pollinisation : beaucoup de variétés anciennes ne se fécondent pas seules et réclament un second cerisier compatible à proximité. Ensuite la distance en limite de propriété, à vérifier pour la hauteur adulte réelle et non pour celle du plant en pot. Voir notre page réglementation et obligations d’élagage.
La gomme, ce qu’elle raconte
Cet écoulement ambré, translucide, qui durcit en perles sur le tronc et à l’aisselle des charpentières, revient dans presque toutes les demandes qu’on reçoit sur cet arbre. Ce n’est pas une maladie en soi mais une réaction de défense : l’arbre bouche une blessure. Reste à trouver laquelle. Une coupe faite au mauvais moment, une gelée, un choc de tondeuse, un insecte foreur, un chancre bactérien installé sur un rameau.
Ce qui doit vous alerter, c’est la localisation. De la gomme sur un petit rameau se gère seule. De la gomme au collet, ou coulant abondamment d’une grosse fourche accompagnée de bois qui sèche au-dessus, mérite un examen avant d’envisager quoi que ce soit. Le réflexe utile reste le même de toute façon : ne jamais couper un cerisier par temps humide, et passer une lame propre d’un arbre à l’autre.
Autre sujet, plus prosaïque : les vers dans les cerises. Plusieurs mouches s’attaquent au fruit dans le Sud, et la récolte ramassée et sortie du jardin limite le stock de l’année suivante.
Le tailler après la récolte
C’est la différence majeure avec les fruitiers à pépins. On ne taille pas un cerisier en plein hiver : les plaies restent ouvertes des mois et deviennent des portes d’entrée. La bonne fenêtre s’ouvre juste après la cueillette, en juin ou juillet, quand l’arbre est en pleine sève et referme vite.
On travaille petit. Retrait du bois mort, suppression des branches qui se croisent au centre, ouverture pour que la lumière atteigne l’intérieur, et rien qui dépasse le diamètre du poignet si on peut l’éviter. Un vieux cerisier qui a filé haut ne se rabat pas d’un coup pour redescendre à hauteur d’homme : on l’allège par étapes, sur plusieurs saisons. Voir la taille d’arbres fruitiers.
Quand nous intervenons
Un sujet de douze mètres au-dessus d’une toiture ou d’une piscine se travaille sur corde, en descendant les pièces au fur et à mesure : c’est le métier de l’arboriste grimpeur. Quand l’arbre est creux, penché ou mort par le haut, l’abattage d’arbres reste la seule sortie, et il vaut mieux prévoir le rognage dans la foulée, car une souche de cerisier laissée en terre repart en drageons partout dans le gazon.
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